Parodontite : stabiliser la maladie et conserver ses dents

La parodontite est le stade où la maladie des gencives cesse d’être une affaire de gencive. L’inflammation a gagné les tissus profonds : l’attache qui relie la dent à l’os se détruit, et l’os lui-même se résorbe. C’est une maladie fréquente, longtemps silencieuse, et la première cause de perte de dents chez l’adulte.

De la gingivite à la parodontite : quand l’os est atteint

Une gingivite non traitée peut évoluer vers la parodontite, sans que le passage soit perceptible par le patient. La différence est structurelle : dans la gingivite, le support est intact ; dans la parodontite, il est entamé.

Toutes les gingivites n’évoluent pas en parodontite. La susceptibilité individuelle, le terrain génétique, le tabac et l’équilibre glycémique pèsent lourdement dans cette bascule.

Les signes qui doivent amener à consulter

  • Un saignement persistant malgré une hygiène correcte
  • Des dents qui bougent ou dont la position se modifie — écartement, migration, chevauchement récent
  • Un déchaussement visible, des dents qui paraissent plus longues
  • Une mauvaise haleine tenace, un goût désagréable persistant
  • Des abcès gingivaux à répétition
  • Une sensation de gencive décollée, des aliments qui se coincent dans de nouveaux espaces

La douleur est souvent absente jusqu’à un stade avancé. Son absence n’est pas un critère rassurant.

Le bilan parodontal

Le diagnostic ne se pose pas à l’œil nu. Il repose sur trois éléments :

  • Le sondage de chaque dent en plusieurs points, qui mesure la profondeur des poches et le niveau d’attache
  • Un bilan radiographique permettant d’évaluer la perte osseuse et son type
  • Un charting parodontal complet, qui sert de référence pour mesurer l’évolution

Ce relevé initial est ce qui permettra, six mois plus tard, de dire objectivement si la situation est stabilisée.

Une maladie chronique que l’on stabilise

Il faut le dire sans détour : on ne guérit pas une parodontite au sens où l’os perdu ne se reconstitue pas spontanément. Ce que le traitement obtient, et qui est considérable, c’est l’arrêt de la destruction et la conservation des dents sur le long terme.

Un parodonte réduit mais sain et stable est un objectif atteignable, et c’est celui que nous visons. Nos cas cliniques documentés illustrent ce type de résultat.

Le protocole de traitement

Phase initiale. Élimination du biofilm et du tartre sous-gingival par surfaçage radiculaire, sous anesthésie locale, secteur par secteur, accompagnée d’un travail sur l’hygiène.

Réévaluation. Un nouveau sondage, à distance, mesure la réponse au traitement. C’est lui qui décide de la suite.

Phase chirurgicale si nécessaire. Lorsque des poches profondes persistent ou que des lésions osseuses s’y prêtent, une chirurgie parodontale peut être indiquée.

Maintenance. Voir plus bas — c’est la phase qui détermine le résultat à dix ans.

Tabac et diabète : les deux facteurs qui changent le pronostic

Le tabac réduit la vascularisation, masque les signes d’alerte et diminue la réponse au traitement. Un diabète déséquilibré entretient l’inflammation, et la relation est réciproque : une parodontite active complique l’équilibre glycémique.

Ces situations ne contre-indiquent pas le traitement, mais elles imposent un suivi plus serré. Voir le cas parodontite aggravée par le tabac et le diabète.

Parodontite et santé générale

Les maladies parodontales sont associées, dans la littérature, à un ensemble de pathologies générales — cardiovasculaires, métaboliques, et à certaines complications de la grossesse. Traiter une parodontite relève de la santé bucco-dentaire autant que du soin dentaire.

La maintenance, condition de la stabilité

Une parodontite traitée sans maintenance régulière récidive. Le rythme des séances — généralement de trois à six mois — est défini selon votre profil de risque, et ce n’est pas un détartrage ordinaire : c’est un contrôle du sondage assorti d’un nettoyage ciblé des sites à risque.

Questions fréquentes

Vais-je perdre mes dents ?

Pas nécessairement, y compris dans les formes avancées. Le facteur déterminant est la précocité de la prise en charge et la régularité du suivi.

Le traitement est-il douloureux ?

Le surfaçage est réalisé sous anesthésie locale. Des sensibilités transitoires au froid sont fréquentes dans les semaines qui suivent.

L’os peut-il repousser ?

Spontanément, non. Certaines lésions osseuses circonscrites peuvent bénéficier de techniques régénératrices, dont l’indication se pose au cas par cas après réévaluation.

Est-ce héréditaire ?

Il existe une susceptibilité individuelle. Cela ne signifie pas que la maladie est inévitable : les facteurs modifiables — hygiène, tabac, équilibre du diabète — restent déterminants.

Puis-je avoir des implants avec une parodontite ?

Pas tant que la maladie est active : le risque de péri-implantite est majeur. Une réhabilitation implantaire se conçoit sur un parodonte assaini et stabilisé.

Consulter à Corbeil-Essonnes

Le bilan et le traitement parodontal sont assurés au cabinet par le Dr Fabrice Gaspar et le Dr Nazib Shakh Amin.

À lire également

Contactez

Contactez-nous

Votre demande est :

    Administrative (facture, demande de RDV, etc)Médicale (analyse de sang, photos suite post-opératoire, etc)