Tabac et greffe gingivale
Un cas qui n’a pas donné le résultat espéré — et qui mérite d’être montré, parce qu’il explique pourquoi l’arrêt du tabac n’est pas une recommandation de principe.

La situation
Après un assainissement parodontal non chirurgical complet — détartrage profond, surfaçage radiculaire, rééducation à l’hygiène — une chirurgie muco-gingivale a été réalisée pour traiter une récession gingivale et améliorer la stabilité des tissus.
La technique utilisée reposait sur un lambeau déplacé latéralement : la gencive d’une zone voisine, bien vascularisée, est déplacée pour recouvrir la racine exposée et préparer le site à un renforcement ultérieur.
Le résultat à 15 jours
Le résultat obtenu n’est pas à la hauteur de ce qui était attendu. La raison est connue et malheureusement fréquente : la poursuite du tabagisme malgré les recommandations pré-opératoires.
Pourquoi le tabac est aussi déterminant
Le tabac est l’un des facteurs les plus délétères pour la cicatrisation des tissus muco-gingivaux. Concrètement, il entraîne :
- une diminution de la vascularisation des tissus — or un greffon ou un lambeau ne survit que par les vaisseaux qui l’alimentent ;
- une altération des mécanismes de cicatrisation ;
- un risque accru de nécrose ou d’échec de la greffe.
Dans ce contexte, même une chirurgie techniquement correcte peut ne pas donner le résultat espéré. Ce n’est pas une question de geste : c’est une question de biologie.
Ce qu’il faut retenir
Avant toute greffe gingivale ou chirurgie parodontale, l’arrêt complet du tabac est une condition essentielle, pas une suggestion. C’est une information qui doit être donnée avant d’opérer, franchement, pour que le patient puisse décider en connaissance de cause.
Ce cas rappelle aussi une réalité de la chirurgie parodontale : le praticien réalise une partie du traitement, le patient réalise l’autre. Les deux sont indispensables.
Bon à savoir
Chaque situation est différente : ce cas illustre une prise en charge réalisée au cabinet, il ne constitue ni une promesse de résultat ni un protocole applicable à tous. Seul un examen clinique, complété si nécessaire par des radiographies, permet de poser un diagnostic et de proposer une solution adaptée.
Cas pris en charge au Cabinet Apolline Dental Care, à Corbeil-Essonnes (91).