Le bisphénol A (BPA)
Ce qu’il faut savoir, sans alarmisme
Le bisphénol A (BPA) est une substance chimique utilisée depuis plusieurs décennies dans la fabrication de certains plastiques et résines. En médecine dentaire, il est parfois évoqué car il peut être présent à l’état de traces dans certains matériaux, notamment les résines composites, colles et adhésifs dentaires.
Il est important de distinguer les faits scientifiques établis des idées reçues, afin d’apporter une information claire et proportionnée.
Qu’est-ce que le bisphénol A ?
Le bisphénol A est une molécule utilisée dans l’industrie pour fabriquer des polymères.
Il est classé comme perturbateur endocrinien potentiel, c’est-à-dire qu’il pourrait interagir avec le système hormonal à certaines doses et dans certains contextes d’exposition.
👉 Le risque dépend toujours de la dose, de la durée et de la voie d’exposition.
Le BPA est-il utilisé directement en dentisterie ?
👉 Non.
Le bisphénol A n’est pas utilisé comme ingrédient actif volontaire dans les matériaux dentaires modernes.
Cependant :
- certains matériaux peuvent contenir des dérivés du BPA (ex. Bis-GMA, Bis-DMA),
- ces dérivés peuvent libérer des quantités infimes de BPA, principalement juste après la pose.
Quelle est l’exposition réelle en bouche ?
Les études scientifiques montrent que :
- la libération éventuelle de BPA est très faible,
- elle est transitoire, surtout dans les heures suivant le soin,
- elle reste très inférieure aux seuils considérés comme à risque par les autorités sanitaires.
👉 De plus, le BPA libéré est majoritairement ingéré, puis rapidement métabolisé par le foie avant d’atteindre la circulation générale.
Métabolisation et élimination
Le BPA absorbé par voie orale est :
- métabolisé à environ 95–98 % par le foie,
- transformé en composés inactifs,
- éliminé par les reins.
👉 Cela limite fortement son passage sous forme active dans l’organisme.
BPA et classification CMR : où en est-on ?
Le bisphénol A est :
- classé perturbateur endocrinien,
- parfois évoqué comme CMR potentiel (cancérogène, mutagène, reprotoxique),
⚠️ mais uniquement dans des contextes de surexposition chronique, principalement industrielle ou alimentaire.
👉 Aucune preuve solide ne montre un risque CMR lié aux soins dentaires courants.
Existe-t-il des alternatives sans BPA en dentisterie ?
C’est un point essentiel à comprendre :
👉 À ce jour, il n’existe pas de matériau adhésif dentaire totalement exempt de toute molécule apparentée, tout en offrant :
- la même durabilité,
- la même étanchéité,
- la même sécurité clinique.
Les matériaux actuels représentent donc un compromis maîtrisé, validé par :
- des décennies de recul clinique,
- des normes européennes strictes,
- une évaluation continue des risques.
Comment les risques sont-ils limités au cabinet ?
En pratique clinique, plusieurs mesures réduisent encore l’exposition :
- sélection de matériaux conformes aux normes CE,
- polymérisation optimale pour limiter les résidus,
- rinçage systématique après les soins,
- utilisation raisonnée et ciblée des résines.
👉 L’exposition est donc minimale et encadrée.
BPA, amalgame et confusion fréquente
Il est important de rappeler que :
- le BPA n’a aucun lien avec l’amalgame dentaire,
- l’amalgame ne contient ni BPA ni résines,
- les débats sur le BPA concernent uniquement certains matériaux composites.
Ce qu’il faut retenir
- Le bisphénol A n’est pas utilisé volontairement en dentisterie
- Les éventuelles traces libérées sont faibles, temporaires et bien en dessous des seuils à risque
- Le BPA ingéré est largement métabolisé par le foie
- Il n’existe pas aujourd’hui d’alternative totalement exempte offrant les mêmes garanties cliniques
- Les soins dentaires restent sûrs, contrôlés et validés scientifiquement
Message clé pour les patients
👉 En médecine dentaire, le bénéfice des soins réalisés dépasse très largement les risques théoriques liés à des expositions minimes et transitoires.
La priorité reste :
- le traitement des infections,
- la préservation des dents naturelles,
- la santé bucco-dentaire globale.